Pierre-Marie Blind, audio designer et directeur du studio Bande sonore, rappelle que le son reste souvent sous-estimé dans les expériences immersives, alors qu’il en est un vecteur clé. Formé à la musique classique, il a découvert en 2012 le pouvoir du son pour ancrer l’immersion en VR, où l’écoute binaurale crée une « peau sonore » à 360°, bien au-delà de l’expérience frontale du cinéma. Pour lui, le son est aussi un outil de prototypage économique : recréer une ambiance forestière par un collage sonore coûte bien moins cher que de modéliser chaque détail visuel. Face aux défis des casques en réalité mixte (comme l’Apple Vision Pro), il prône une approche épurée, évitant la surcharge pour préserver l’interaction naturelle avec l’environnement réel. Pionnier avec The Listener’s Lexicon, une base de données de 600 termes pour décrire les textures sonores, il alerte aussi sur les risques de l’IA, qui pourrait marginaliser les métiers artisanaux du son. Enfin, il encourage les futurs talents à cultiver leur singularité et appelle l’industrie à plus de parité, dans un secteur encore trop masculin.
L’art du son immersif en XR : rencontre avec Pierre-Marie Blind